EDITION 2021

(cliquer sur le nom du média pour lire l'article en entier)

 


 

Trois jours à Trois Palis : une plongée dans un festival exemplaire.  Xavier Prevost

 

Photo Xavier Prevost - "Entre les terres"

 

 

 

LE GLOB . Jean Rochard - nato
A Trois Palis une femme s'est levée...

"C’était presque une habitude d’une époque où l’expression, le chahut, le mot complémentaire ou contradictoire et l’abolition de la séparation de la scène marquaient les accents vers le relief, fut-il outré. Et puis tout le monde est revenu dans son rôle assigné : concerts sous contrôle, musiciens sous contrôle, public sous contrôle - sous autocontrôle même. L’idée du rêve dans les nuits de l’amour et les jours fraternels s’était faite beaucoup plus discrète, démissionnaire peut-être. Ne jamais dire jamais!

Le 19 septembre 2021, à Trois Palis (Charente), à l’issue de trois journées d’un festival de village exactement organisé (le village est une forme) par le musicien Bruno Tocanne et ses camarades, une femme s’est levée pour dire le bien que lui faisait la musique, que nous faisait la musique, pour dire notre besoin d’ouverture au rêve, celui d’une autre vie que celle des figures imposées où le besoin matériel monnayé serait la seule règle. Cette femme, debout, s’adressant à ce qu’il est convenu d’appeler «public» parce que les statisticiens du goût l'ont catégorisé comme tel (en réalité un groupe de personnes librement assemblés par un désir voisin), déclara qu’elle n’avait pas l’habitude de parler en public, mais on sentit de suite comme elle était pressée par la beauté reçue et partagée pendant ces trois jours, comme elle souhaitait les vivre au-delà, comme elle souhaitait vivre.

Les trois jours de Trois-Palis furent d’une pénétrante lucidité, d’une beauté de lumière sèche traversée par l’ondée, lumière de vérité, clair obscur où se découvrent les visages intactes de leur humaine révolte. Solos diurnes de Robin Fincker, Vincent Courtois et nocturne de Denis Badault taquinant l’histoire du jazz en acrostiche, duo de Marc Ducret et Samuel Blaser à cheval sur l’horizon, trio de Robin Fincker, Bernard Santacruz et Samuel Silvant porteurs toniques d’une forme très au jazz [1] chantant si fort les capacités d’anticipation de son habitat fondamental, et quartet nommé à point Entre les terres avec François Corneloup, Jacky Molard, Catherine Delaunay et Vincent Courtois, s’adossant sur le panorama pour en livrer tous les secrets. Musiques de grandes énergies, d’étreintes douces, de villages assumés et de violences fraternelles. Musiques si belles qu’une femme s’est levée. Quelle belle nouvelle. Ne restons plus couchés !" 

 

 

 

LA GAZETTE BLEUE - ACTION JAZZ - Anne Maurellet
Nous reviendrons, Jazz à Trois Palis. Nécessaire, la musique ? Bien plus ! Un concentré d’ontologie.

(...) Juste, le bonheur c’est fragile, et puis dans un monde qui  aspire  les êtres humains aujourd’hui plus que jamais,  on n’ose plus prononcer ce mot. Pourtant, musiciens, nous sommes parti(e)s avec, accrochée à l’âme, de la joie (...)

Delaunay-Molard-Courtois-Corneloup.jpg
safe_image.jpg
logo-jazz-mag.jpg
Enfants d'Espagne.png
logo-small-retina-jazzin.png

Un festival essentiel 

Les retrouvailles, après la parenthèse de 2020. Saluons la belle énergie de Bruno Tocanne qui se démène pour offrir dans son village de Charente un festival exemplaire – selon la juste formule de Xavier Prévost.

LA GAZETTE BLEUE - Philippe Allen

Le printemps en automne

(...) Au terme des ces trois jours de musique, ce sont pourtant des mots qui scellèrent ce qui parût comme les termes d’un pacte, le plus beau, celui qui unit musiciens et public. Corneloup surfa sur les applaudissements pour adresser quelques mots qu’un seul résumait tout à fait : « solidarité »… Entre les musiciens qui, nous le notions dans notre chronique d’Archipels, programment leurs propres festivals, entre les parties prenantes, du loueur de pianos au sonorisateur, tout le monde y met du sien, et avec le public, mieux conscient sans doute aujourd’hui d’être, comme tous les consommateurs, les vrais maîtres du jeu. Ces « petits festivals », comme la « petite édition », et finalement tout ce qui est « petit », sont en réalité le circuit court qui permet à la culture de vivre de sa vie propre, la seule qui vaille. Mais quelque chose s’est passé lorsque du premier rang, quelqu’un s’est levé et a remercié les artistes, les organisateurs, les bénévoles, relié le fil des émotions de ces jours derniers à une situation plus globale. C’était aussi un des effets de la musique, quand il lui est permis de faire vibrer d’autres cordes encore, les cordes sympathiques. Il faut pour cela un accord, un temps, un lieu. Septembre, Trois-Palis. Merci Bruno.

safe_image.jpg

2019